Chronique de décembre 2017 Pour le seul plaisir de la dégustation Sciences dures vs sciences molles (partie 2)

Voici un savoureux cocktail, un panaché de croyances onirologiques aussi antithétiques que scientifiques, un florilège d’assertions proférées par quelques-uns des plus grands ténors de la discipline. Vous pourriez objecter que des citations ainsi sorties de leur contexte sont susceptibles de trahir la pensée de leurs auteurs… et vous n’auriez pas tout à fait tort. C’est pourquoi elles sont à consommer avec modération, pour le seul plaisir de la dégustation.


« Le rêve est le reflet inversé de la personnalité. Il est peu abondant chez les individus plongés dans l’action, et surabondant chez les individus introspectifs et déprimés », Vadim Rotenberg (psychiatre et psychophysiologiste israélien d’origine russe).

« Le rêve se nourrit de toute l’énergie psychique réprimée pendant la journée », Yves Delage (biologiste [zoologue] français).

« Le rêve n’est que l’épiphénomène mental d’un processus neurologique dont le rôle est de stimuler le cerveau (entretenir et développer les circuits neuronaux et synaptiques), et ce surtout lors des premières années de l’existence », Howard Roffwarg et William Dement (psychiatres et somnologues américains).

« Le rêve permet une “(re)programmation génétique itérative de l’individuation psychologique”. Il célèbre chaque nuit le retour du sujet à sa mémoire d’individu (tout en le confrontant à sa mémoire d’espèce). “Je rêve, donc je suis, donc je serai” », Michel Jouvet (neurobiologiste et onirologue français, décédé il y a quelques semaines à peine).

« Le rêve est une synthèse d’éléments mentaux sans signification aucune, résultant des vains efforts fournis par le cerveau pour tenter de donner sens aux signaux aléatoires qui lui parviennent, en provenance des neurones subitement activés par l’acétylcholine (le principal neurotransmetteur impliqué dans la physiologie du REM) », Allan Hobson (psychiatre et neurophysiologiste américain).

« Le rêve permet d’éliminer les excédents de mémoire non pertinente qui menacent, sinon, de surcharger les réseaux neuronaux. Il opère une purge, un “apprentissage inversé” : nous rêvons pour oublier », Francis Crick (biologiste moléculaire anglais, celui-là même qui découvrit, avec Watson, la structure co-hélicoïdale de l’ADN, en 1953 [année de la découverte du REM !]) et Graeme Mitchison (biologiste anglais).

« Le rêve joue un rôle primordial dans l’entretien de la mémoire », groupe de Harvard.

« Le rêve permet de refroidir le cerveau », Thomas Wher (chronobiologiste américain).

« Bien que les rêves puissent se produire dans n’importe quel stade de sommeil, les rêves les plus fous ne se produisent qu’en REM », David Foulkes (psychologue cognitiviste et onirologue américain).

« Le rêve n’est qu’un vestige, un reliquat phylogénétique (hérité des espèces qui nous ont précédées) et ontogénétique (hérité de nos premiers mois d’existence) », Peretz Lavie (psychologue et somnologue israélien).

« Le réveil n’interrompt pas le rêve, il le fait naître ! », Jean-Pol Tassin (neurobiologiste et cognitiviste français).

« Le rêve est un jeu intérieur du cerveau », Jean Piaget (biologiste et psychologue du développement suisse).


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